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A l’évidence les documents qui nous ont été remis constituent le strict minimum légal. A l’aspect purement technique et à la rigueur comptable, nous aurions préféré un document exprimant clairement les choix et les échéances des grandes orientations municipales. Certes, le budget est voté pour un an. Mais, notre mandat lui est de 6 ans et aujourd’hui, gérer une commune c’est aussi prévoir et anticiper l’avenir. Raison pour laquelle ce budget ne nous a pas convaincu : les choix de la majorité ne sont pas les nôtres vous vous en doutiez.
Les fonds de tiroir En matière d’investissement, les deux principales sources de dépenses sont le remboursement de la dette et la construction de la salle "socio-éducative et polyvalente". Nous la trouvons trop coûteuse et mal implantée. De plus elle grève nettement la possibilité d’investissement : elle représente près de 30 % des dépenses budgétaires. A cela se rajoute le remboursement de la dette, en augmentation par rapport à l’année précédente : il sera cet année de 2,31 millions d’euros, soit près de la moitié des dépenses d’investissement. La capacité d’emprunt de la commune est donc très largement entamée pourtant nous ne sommes qu’en début de mandat et il faudrait engager Gradignan sur la voie de l’amélioration du cadre de vie : circulation, logements, écoles, établissements pour personnes âgées... La salle polyvalente, le dojo et la rénovation de l’Hôtel de Ville représentent déjà 62 % du budget d’investissement. A cela s’ajoute 9% d’opérations pluriannuelles régulières. Il reste donc 29% pour créer l’avenir : c’est très peu ! Ce budget 2002 apparaît comme un budget de fond de tiroir du mandat précédent.
Un budget à trous Quelles orientations vont être prises pour les années à venir ? Il faudra encore des crédits pour la salle : ceux de 2002 ne couvrent malheureusement pas les aménagements extérieurs, ni l’équipement mobilier. Où est programmée la construction d’une piscine pourtant promise ? L’élaboration d’une police municipale peut-elle se résumer à la désignation d’un conseiller délégué à la sécurité ? Et la modernisation de la bibliothèque ? La création d’une médiathèque, d’une nouvelle salle des sports, des maisons de quartiers : pas un mot dans le budget. Des oublis ? pas du tout. La majorité municipale solde simplement des programmes présentés dans le bilan du mandat précédent.
L’avenir en question Pour tenir ses promesses électorales il ne reste que peu de solutions dont la majorité municipale ne vous parle pas.
Elle peut augmenter l’emprunt et donc la dette. Mais la limite de 20 % fixée pendant la campagne sera vite atteinte : nous sommes déjà à 17 %.
Elle peut réduire la section de fonctionnement, ce qui équivaudrait in fine à une réduction du train de vie de la commune ... Impossible vous pensez-bien.
Elle peut aussi augmenter les impôts. Elle ne vous l’annoncera pas de suite, les campagnes électorales sont rarement propices à ce type de démarche.
Nous avons proposé de sortir d’un mode de fonctionnement qui nous apparaît trop autarcique. La majorité se prive de financement auprès des instances départementale, régionale, et européenne. Pourquoi ? Se glorifier de faire seul ? Pour rester indépendant ? Nous avons, pour toutes ces raisons, voté contre le budget présenté par la majorité municipale.
Opacité Au delà de ces réflexions nous dénonçons l’opacité des critères d’attribution de subventions aux associations. La majorité refuse toujours d’expliquer publiquement ses choix. Pourquoi ce huis clos si tout est aussi limpide qu’on nous le dit ? Pourquoi refuser de dire à nos concitoyens comment est utilisé leur argent en ce domaine ? Difficile de changer les habitudes !