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Le port du voile correspond à des situations très différentes. Il est adopté librement pour des motifs religieux ou suite à des pressions de l’entourage. Il permet à certaines jeunes filles ou à certaines femmes d’obtenir plus facilement l’autorisation de sortir de chez elles, de ne pas être importunées dans la rue. Leur liberté de circulation ne devrait pourtant pas être conditionnée à l’obligation de se cacher sous un voile, dans un pays respectueux des droits de « l’homme », ou plutôt de la personne humaine, quel que soit son sexe.
Plusieurs membres de la Commission Stasi ont déclaré qu’ils ne croyaient pas au départ à la nécessité d’une loi, mais que les témoignages entendus à propos des pressions que subissent les jeunes filles dans certains quartiers les ont fait changer d’avis.
Certains s’inquiètent de la stigmatisation des musulmans. Le respect de la laïcité ne doit pas conduire à l’intolérance vis à vis des religions. Il faut faire attention aux risques de récupération par ceux qui rejettent les étrangers.
Il ne faut pas oublier qu’à l’image des catholiques, la grande majorité des musulmans en France ne sont pas pratiquants. Etre d’origine maghrébine ne signifie pas d’ailleurs que l’on soit musulman, de même qu’être français ne signifie pas que l’on soit chrétien : on peut très bien appartenir à une autre religion, être agnostique ou athée. De toute façon, on peut être croyant et favorable à la laïcité.
Faire respecter la laïcité à l’école ne remet pas en cause la liberté de conscience ni la liberté de culte. Pour favoriser l’intégration de tous les enfants, quelle que soit leur origine, il faut défendre l’école publique, se donner les moyens d’une véritable égalité des chances.
J’ai été élevée en Moselle, région où s’applique encore le Concordat. Bien que ma famille et moi-même n’ayions pas de sentiment religieux, j’ai dû suivre les cours d’instruction religieuse à l’école, participer aux prières. Ma liberté de conscience n’était pas respectée. Je trouve que la loi devrait remettre en cause ce Concordat.
L’attachement à la laïcité est une valeur caractéristique de la République Française dont nous pouvons être fiers. En France, on ne prête pas serment sur la Bible. le respect de la laïcité concerne toutes les religions et pas seulement l’islam. La position française est parfois difficile à comprendre dans les pays de tradition musulmane, et même dans les pays occidentaux. Notre fermeté au sujet de la laïcité ne déclenche pourtant pas que des réactions hostiles, elle est approuvée par de nombreux démocrates attachés à la liberté d’opinion et qui s’inquiétent de la montée du fanatisme.
La nécessité du port du voile pour les musulmanes est contesté par certains spécialistes de l’islam qui affirment que ce n’est pas une obligation. Même s’il est parfois choisi en toute liberté, le port du voile renvoie souvent à une image de soumission de la femme qui n’est pas compatible avec le principe de l’égalité des sexes, reconnu par notre constitution, et qui doit être respecté, en particulier à l’école.
Le débat sur le voile ne doit pas nous faire oublier tous les autres sujets : la nécessité de lutter contre le chômage (satisfaire les voeux les plus chers du MEDEF n’est pas une solution !), la remise en cause de la protection sociale (allocations chômage, RMA...), l’évolution préoccupante de la justice (projet de loi Perben).
Les termes du projet de loi sur le voile sont discutables. Evoquer des signes religieux visibles plutôt qu’ostensibles serait plus clair. Notons que le Ministre de l’Education s’est à nouveau surpassé dans l’incohérence, en évoquant les bandanas et les poils de barbe !