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Gradignan au-delà de la façade

mis en ligne le : mercredi 13 décembre 2006.

En décembre 2006, le quotidien Sud-Ouest a entrepris la publication d’une série d’enquêtes sur la vie quotidienne dans les 27 communes de la CUB. Le tour de Gradignan est venu le 8 décembre.

Sous le titre « Standing sur tapis vert », on peine à reconnaître la ville idyllique que décrit M. Labardin (il est bien « divers droite » pour la presse, ne lui en déplaise).

Bien sûr, Gradignan reste une ville verte, mais c’est aussi une commune où « selon l’ascenseur que l’on prend, difficile de voir la même ville. Le standing apparent éclipse la difficulté des autres. Le tout se noyant dans un océan de verdure ».

Ce diagnostic résulte, entre autres, de rencontres avec des habitants de toutes générations. Difficultés de logement, manque d’animation, insuffisances des transports collectifs…, les faiblesses de la commune, que nous dénonçons régulièrement, sont pointées du doigt.

Les difficultés de logement :

Le manque de logements abordables est criant du fait de l’explosion du foncier (125 euros le mètre carré non bâti en moyenne sur la commune). Dans le quartier de Malartic, « inutile de préciser que ce ne sont plus des ouvriers qui peuvent acheter les chalandonnettes ».

A la Cité Jardin, « la verdure ne sauve pas de la misère » et les habitants espèrent un avenir meilleur. Les graphiques pointent que le parc de logements sociaux est, avec 13.7 %, très en deçà de la barre exigée par la Loi SRU, en dépit des dénégations du Maire.

La journaliste enfonce le clou : « la pression des familles gradignanaises pousse à la roue autant que les injonctions administratives ».

Le manque d’animation :

Deux lycéennes interrogées sont directes : « ici c’est mort… il y a tellement rien à faire que parfois on va se boire un café chez Le Lann ». Des commerçants dénoncent aussi le fait que la ville se réduit pour la majorité à son centre (« ça commence au cimetière et ça se termine à Cayac »).

L’insuffisance des transports en commun :

M. Labardin lui-même estime que la commune est mal desservie par le réseau de transports en commun et qu’elle souffre de manière croissante du trafic de transit (voilà deux points d’accord avec l’opposition). N’oublions pas la part de responsabilité de la municipalité dans cette affaire, son inaction quand elle aurait dû se retrousser les manches !. Cela n’empêche pas le Maire de plaider pour l’arrivée du tramway à Gradignan (« il se fait applaudir régulièrement sur ce thème »), et de protester contre le fait que la CUB ait refusé de lancer les études sur la question (c’est plus facile de dire que c’est la faute des autres !).

« Tranquillité et verdure n’empêchent pas de fortes inégalités »

Gradignan apparaît dans cette enquête comme une ville à deux vitesses, où certains profitent de leur haut niveau de vie (la commune était classée dans Sud-Ouest du 27 octobre comme la deuxième ville aquitaine de plus de 20 000 habitants pour le revenu médian par habitant), pendant que d’autres sont délaissés.

Le Maire modifie le logo, s’offre une « grande consultation » sur les finances municipales… L’opposition note que tout ne va pas si bien et constate que son diagnostic est aujourd’hui partagé par un regard extérieur.

Denys Breysse