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Nous avons tenté de définir le progrès social, qui est à la fois démocratie, égalité, partage, valeurs fondamentales du PS. C’est « le plus grand bonheur pour le plus grand nombre » selon Saint-Simon, a rappelé un camarade.
Les différences de fond entre droite et gauche sont évidentes : dès que la droite gouverne, elle s’efforce de revenir sur les avancées sociales que la gauche avait permises. Elle le fait hélas avec habileté, en « assouplissant » plutôt qu’en supprimant, même si cela ne change rien en fin de compte.
Le progrès social reste un lieu de césure essentiel entre droite et gauche : pour la droite, le progrès découle naturellement de la libre concurrence, pour la gauche , la concurrence et la liberté doivent être accompagnées socialement pour en corriger les dérives.
A propos de notre bilan, les 35 heures ont fait débat. Pour beaucoup, cette politique de l’emploi a été un progrès pour les classes moyennes mais la flexibilité a empêché les classes populaires d’en profiter : est-ce donc un progrès social ? On peut aussi regretter le manque de mobilisation des salariés, très peu syndiqués, qui a nui aux négociations ou des défauts de concertation et de pédagogie de la part du gouvernement. Les réformes futures devront être menées en étant plus à l’écoute des citoyens, et accompagnées, expliquées.
Le progrès irréversible pour un grand nombre de salariés (classes moyennes et supérieures, salariés des grandes entreprises...) apparaît cependant comme un acquis fondamental, qui restera dans l’histoire. N’oublions pas non plus les centaines de milliers d’emplois que la loi a permis de créer ou de sauver.
De fait, c’est la précarité du travail (temps partiel non souhaité, CDD...) qui constitue l’obstacle essentiel au progrès social. Le PS doit déclarer la guerre à la précarité, et s’attaquer à améliorer les conditions d’emplois des travailleurs les moins favorisés.
Le PS doit dire et redire que, sur le plan social, droite et gauche, ce n’est pas pareil. Il doit aussi avoir le courage de mettre en phase tactique et morale : au gouvernement, la gauche n’a pas été assez courageuse sur des sujets de société comme l’intégration ou le vote des étrangers. Elle n’a tiré aucun bénéfice d’une position ambigüe, et c’est aujourd’hui la droite qui tire les marrons du feu et paraît progressiste.
Concernant les retraites, il nous faut affirmer qu’il n’y a aucun intérêt (sauf idéologique, pour la droite) à modifier le principe de répartition au bénéfice supposé de fonds de pension. Outre les problèmes moraux que ceux-ci peuvent poser, leur efficacité économique n’a rien de certain. Ayons le courage de le dire. Le débat sur les retraites peut porter sur la durée de cotisation ou les taux (et les déséquilibres sont bien moins irréversibles, quelques points de PIB, que ceux qu’on nous laisse croire), mais pas sur les principes.
Enfin, pour nous, le progrès social doit se concevoir aujourd’hui au niveau international (Europe, relations Nord/Sud) face à la mondialisation libérale.
L’amélioration des conditions sociales en France ne sera possible que si elle s’accompagne de l’amélioration parallèle des salariés des pays avec lesquels nous sommes en concurrence, que ce soit en Europe ou dans les pays du Sud. La France doit faire entendre sa voix à l’échelon international pour que le progrès social soit celui de tous les travailleurs. Dès aujourd’hui, le PS doit renforcer ses liens avec les autres partis du Parti Socialiste Européen, pour mieux construire un front commun dans ce domaine.