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Elus de l’ombre que sont en effet les conseillers municipaux de Gradignan représentant la commune au sein du Conseil de la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB). Il sont quatre : le Maire, Michèle Chavigner, Jacques Joubert, et Robert Quéron. Tous siègent à la CUB dans le groupe de droite, dénommé « Communauté d’Avenir », que dirige Alain Juppé (UMP).
A l’ordre du jour du conseil municipal figurait en effet le rapport annuel d’activité de la CUB, pour 2008. Les trois représentants de Gradignan (hors le Maire, qui est vice-président de la CUB) ont rendu compte de leur activité au sein des diverses commissions :
Michèle Chavigner siège au sein des commission économie, nouvelle gouvernance, traitement des déchets, relations internationales ;
Jacques Joubert siège dans les commissions administration générale, développement, transports et déplacements ;
Robert Quéron siège au sein des commissions eau, assainissement et déchets ménagers.
Leur compte-rendu ne suscite pas de commentaires (il faut dire qu’au préalable un rapport d’ensemble très détaillé a été envoyé par la CUB à chacun des élus individuellement). Michel Labardin loue la disponibilité des représentants de Gradignan à la CUB, c’est-à-dire leur présence en commission, ce qui est le moins que l’on puisse attendre d’eux.
Une motion que le Maire refuse de soumettre au vote
Avant que l’on en vienne ensuite aux délibérations inscrites à l’ordre du jour, M.le Maire évoque le texte d’une motion déposée par Jean-Paul Jourdan (PS) pour être discutée en séance. Cette motion porte sur la réforme des collectivités territoriales et la réforme de la taxe professionnelle, deux sujets qui ont accaparé les débats du 92ème congrès de l’Association des Maires de France (AMF) réunis quelques jours plus tôt. Les termes de cette motion déposée au nom de l’Opposition municipale reprennent ceux de la résolution adoptée le 19 novembre 2009 par l’AMF qui rassemble plus de 35 700 maires.
Mais M. le Maire de Gradignan, d’accord sur le fond du texte qui lui est soumis, refuse qu’on le mette en débat sous prétexte qu’il ne s’agit pas d’une question strictement municipale et que le projet du gouvernement, nocif s’il en est pour les finances locales et attentatoire aux libertés des collectivités locales, peut encore être modifié. L’Opposition a beau lui expliquer qu’il s’agit précisément de montrer que les élus de Gradignan sont vigilants et attentifs, au moment où le débat parlementaire s’engage, rien n’y fait : M. le Maire ne veut pas que les élus expriment officiellement leur inquiétude et le financement des communes ne serait pas strictement affaire communale...
Insertion des demandeurs d’emploi : le PLIE qui fait débat
Une autre question majeure à l’ordre du jour concerne le Plie (Plan Local d’Insertion par l’ activité Economique) Talence-Gradignan-Villenave d’Ornon, dit « Portes du Sud », mais appelé aussi Plie TGV ou Plie UDF. Les Plie n’ont pas d’autonomie financière : les financements viennent du Fonds Social Européen, du Conseil Régional, du Conseil Général et de la CUB. Le rôle des Plie est d’aider les chômeurs en difficulté à accéder à l’emploi. Les maires des trois communes se sont répandus dans la presse (Sud-Ouest du 10 novembre 2009) en se posant comme victimes : ce Plie TGV est le seul du département à n’être point financé par le Conseil Général de la Gironde.
Rappelons que ce Plie a été créé, à la demande des trois communes, par arrêté préfectoral, en juin 2007, en dépit de l’avis peu enthousiaste de la commission départementale chargée d’instruire le dossier car il venait s’ajouter aux structures déjà existantes à un moment où les financements européens affectés par l’Etat à ce type de structures diminuaient. Nos Maires se sont entêtés, et, plutôt que de rattacher leurs communes aux Plie qui existaient déjà, Plie « des Graves » (Bègles, Léognan) et Plie « des Sources » (Pessac, Cestas, Canéjan) – toutes des communes de Gauche –, ils ont préféré faire leur affaire dans leur coin. Ils se plaignent aujourd’hui de n’être pas secondés !
Les résultats du Plie « Portes du Sud » ne sont cependant pas minces en matière d’insertion ou de réinsertion des demandeurs d’emplois. Personne ne peut le nier. Mais les résultats auraient pu être meilleurs encore, et pour un moindre coût, s’il avait pu bénéficier de l’expérience des Plie voisins, par rattachement... A la question qui lui est posée à ce sujet, M. le Maire répond par une fin de non recevoir et engage l’Opposition à proposer au conseil municipal une motion incitant le Conseil Général à financer ce Plie TGV. « Motionnons, proposez un texte en ce sens ! » lui répond J.P. Jourdan, mais M. le Maire se dérobe. Le débat sur le Plie n’est sans doute pas clos, au grand dam des demandeurs d’emplois…
Restauration et Université : des réponses qui n’en sont pas vraiment
La délibération sur les fournitures de denrées alimentaires a été l’occasion à la demande de l’Opposition de faire le point sur l’introduction de produits bio ou de labels de qualité dans la restauration collective à Gradignan soit 20% d’ici 2012 (circulaire du Premier Ministre de mai 2008 dans le cadre du Grenelle pour l’Environnement). La municipalité répond qu’elle est engagée dans une démarche de fond afin de privilégier les produits de qualité : priorité aux éleveurs producteurs, label de qualité ou bio, le prix n’étant pas le paramètre essentiel.
Nous avons aussi renouvelé le mandat des représentants de la Ville au Conseil d’Administration de l’IUT Bordeaux 1. Nous aurions aimé qu’ils précisent au Conseil comment ils conçoivent leur rôle dans cette instance et quels sont les enjeux essentiels qu’ils ont identifiés pour les prochaines années, dans la logique de la restructuration du campus, impliquant potentiellement la Ville de Gradignan. Mais M. le Maire a coupé court : "S’il fallait rendre compte de toutes les instances où la Ville est représentée...". Nous avions eu la CUB, nous n’en saurions pas plus cette fois.
Jean-Paul Jourdan, conseiller municipal